Projet éolien à Ronquières-Seneffe.

Le projet

Ronquières

L’éolien a le vent en poupe et tente d’apporter une solution à l’indispensable réduction d’émissions de gaz à effet de serre, mais son expansion anarchique et non respectueuse de l’environnement pose un certain nombre d’autres problèmes.

La société Eoly, filiale du groupe COLRUYT projette d’installer un parc de 7 éoliennes de 180 m. de hauteur à proximité du plan incliné de Ronquières et sur le plateau agricole et naturel dit “de la Gratière” à l’est du plan incliné. Ces éoliennes géantes domineront la tour de Ronquières d’une trentaine de mètres. Leur hauteur et leur proximité de la réserve naturelle du “vieux canal” écraseront ce site remarquable. D’autres projets éoliens, tout aussi contestés, visent également ce territoire.

Implantation

Implantation

Le site retenu par le promoteur se situe entre le nouveau canal Bruxelles-Charleroi et l’ancien tracé du canal qui, construit au 19ème siècle, est devenu depuis lors une réserve naturelle remarquable par sa qualité ainsi qu’une destination de promenade qui attire de nombreux promeneurs en quête de calme et de paysages, des naturalistes attirés par la richesse du milieu et des familles pour la simple beauté et quiétude du lieu, site d’un Ravel recommandé par la Région wallonne.

Cette réserve est protégée par la région Wallonne comme “réserve naturelle domaniale” depuis 1988 (6014-LCN-RND), elle bénéficie également d’une protection en tant que “Site de Grand Intérêt Biologique” (76-SGIB).

Le Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, du Patrimoine (CWATUP articles 40, 452/20 à 452/30 ) précise pour sa part que l’installation d’éoliennes est "vivement déconseillée dans les périmètres suivants" :

  • périmètres de points de vue remarquable ;
  • périmètres de liaisons écologiques ;
  • périmètres d’intérêt paysager ;
  • périmètres d’intérêt culturel, historique ou esthétique ;
  • périmètres de protection visés par la législation sur la protection de la nature : loi du 12/07/73 relative à la conservation de la nature et décret du 06/12/2001 (réserves naturelles, réserves forestières, zones humides d’intérêt biologique et sites Natura 2000).
  • (…)

Enfin, depuis 2017, l’ancien canal est également inclus dans un projet européen le LIFE Belini, qui a une double finalité : la création de zones d’immersion temporaire (ZIT) afin de limiter les inondations dans les zones vulnérables ainsi que l’amélioration de l’hydromorphologie et la biodiversité.

Saccage du paysage

Champ d’éoliennes

Le paysage est un bien patrimonial commun, partagé par tous. Il est, par définition, d’utilité publique car accessible à tout un chacun, librement et sans restriction. Il apaise et réjouit le regard qui s’y pose. Il est un droit, protégé par la convention Européenne du paysage (Florence 20-10-2000, M.B. 24-11-2004), qu’il convient de préserver pour nos générations futures.

Risques pour l’environnement

Oiseaux

Le Cadre Éolien Wallon (2013 page 27 Art.4 Biodiversité) stipule que le développement éolien devra éviter les zones abritant des rassemblements d’oiseaux d’eau.

Compte tenu de l’état des populations et de leur degré de sensibilité, une attention particulière devra ainsi être accordée aux territoires occupés par les Milans royaux et Milans noirs et la Cigogne noire, aux espaces agricoles accueillant les stationnements de charadriidés (Vanneau huppé, Pluvier doré, Pluvier guignard) ainsi qu’aux abords des sites abritant des rassemblements d’oiseaux d’eau

Toutes les espèces citées dans cet extrait du Cadre Éolien Wallon, à l’exception du Pluvier guignard et de la Cigogne noire, moins présents sur le site, ont été régulièrement observées (voir inventaire des observations).

La version 2002 de ce même document précisait déjà que “Les publications internationales considèrent que la présence des éoliennes peut constituer une menace pour les oiseaux dans un certain nombre de cas particuliers, tels que la présence de couloirs de migration.

Plus loin : “Avant l’aménagement d’éoliennes, il conviendra donc de réaliser une étude sur la population nicheuse, les espèces qui font escale ou recherchent leur nourriture sur le site, les aires de repos et de nourrissage, ainsi que les couloirs de migration et d’évaluer les éventuelles pertes de biotope et les autres perturbations permanentes subies par l’avifaune.

Aussi, lors de l’implantation des éoliennes, il importe avant tout d’appliquer le principe de précaution, en particulier aux abords ou dans les sites disposant d’un statut dans le cadre de la loi du 12/07/73 relative à la conservation de la nature ou des sites Natura 2000."

En utilisant les données officielles du site observations.be, géré par Natagora, organisme soutenu par les autorités publiques nationales, régionales et européennes nous avons dressé un inventaire des espèces protégées observées sur le site de la Gratière et sur le tracé de l’ancien canal, deux sites ornithologiques remarquables directement affectés par le projet.

Un total de 100.139 observations ont été relevées dans une zone de 3 km autour du parc éolien en projet sur une période de 10 ans, entre 2010 et 2020. Sur ce nombre total d'observations, 99.725 observations concernent des oiseaux protégés de 203 espèces différentes.

Liste complète

Dévalorisation des biens bâtis et agricoles

À vendre

Sans compter la dévalorisation du patrimoine paysager commun dont il est question plus haut, de nombreuses propriétés vont perdre de la valeur en raison du changement radical de paysage. Les éoliennes seront placées sur un point culminant. De plus elles auront une hauteur considérable. Ces mastodontes perpétuellement en mouvement vont barrer l’horizon paysager pour beaucoup et écraser de magnifiques vues sur la nature.

En raison de la situation du site en projet, le parc éolien sera visible sur une très grande distance de Braine-le-Comte à Nivelles en passant par Ronquières, Feluy, Arquennes, Écaussines et Bornival.

Conclusion

Les riverains et visiteurs de notre région sont choqués par ce projet. Ils choisissent de vivre à la campagne et de s’y ressourcer, dans une zone calme, à grande valeur paysagère, éloignée autant que possible des nombreuses autoroutes traversant notre région, éloignée autant que possible des nombreuses zones industrielles de Feluy-Écaussines et Seneffe-Manage, bordée d’un magnifique site classé, l’ancien canal de Bruxelles-Charleroi, remarquablement calme et apaisant, loin des agglomérations.

Le choix de ce territoire par Eoly ou tout autre promoteur est un vrai drame pour beaucoup d’entre nous. Après d’autres sites éoliens déjà construits ou en voie de l’être sur la commune de Seneffe et les communes contiguës, il nous priverait de nos derniers champs, de nos dernières campagnes, de nos derniers paysages ouverts, de nos derniers moments de tranquillité…

Il est indispensable que la vraie notion “d’utilité publique”, celle qui profite à la population dans son ensemble, riverains comme visiteurs, prime sur la rentabilité non partagée d’un projet privé dont, par ailleurs, l’impact sur l’environnement et la biodiversité risque d’être fortement préjudiciable.

Enfin, en matière d’énergie, il est évident que la meilleure énergie alternative est celle qu’on ne consomme pas ! Malheureusement il est plus rentable pour les promoteurs privés d’exploiter des parcs éoliens que de s’attaquer à la source du problème : réduire notre consommation de manière responsable.

Notre pétition est en ligne

Si vous souhaitez nous aider, vous pouvez signer notre pétition et y laisser un commentaire pour lui donner plus de poids encore, à l’exemple de ce message laissé par une signataire :

Privatisation des bénéfices pour quelques-uns, externalisation des coûts et dommages pour tous les autres. Mépris de l’humain et du non-humain. Nous avons besoin de beauté pour nous sentir vivants !