Oiseaux: risque de collision et zone d'exclusion.

Risque de collision

En Allemagne une étude sur le nombre de carcasses d’oiseaux retrouvées à proximité d’éoliennes démontre que les rapaces de toutes espèces sont les plus exposés aux risques de collision avec les éoliennes.

Source: Collision sensitive niche profile of the worst affected bird-groups at wind turbine structures in the Federal State of Brandenburg Anushika Bose, Tobias Dürr, Reinhard A. Klenke & Klaus Henle

Pour rappel, un inventaire ornithologique sur le plateau de la Gratière a relevé plus de 16 espèces différentes de rapaces protégés :

L’étude allemande précise toutefois que de nombreuses autres espèces protégées sont également exposées aux risques de collision (Cigognes, Bruants, Alouettes, etc…).

Une étude française de la LPO (voir source plus bas) confirme l’impact d’un parc éolien sur l’avifaune :

Ainsi, 81 % des cadavres retrouvés appartiennent à des espèces protégées ou présentant une préoccupation majeure quant à leur état de conservation. Les roitelets à triple bandeau et les martinets noirs, impactés principalement lors de la migration postnuptiale, sont les espèces les plus retrouvées en valeur absolue sous les éoliennes françaises. Les migrateurs, principalement des passereaux, représentent environ 60 % des cadavres retrouvés. Les rapaces diurnes(Faucon crécerelle et crécerellette, Milans noir et royal, Busard cendré, Buse variable, etc.) sont, par contre, indéniablement les premières victimes des éoliennes au regard de leurs effectifs de population, d’autant que dans la majorité des cas, ce sont des individus nicheurs en France qui sont impactés. On notera également une très forte sensibilité des Laridés (mouettes et goélands) aux éoliennes. Ils constituent, en effet, une part non négligeable des cadavres alors même qu’ils ne sont concernés que par un nombre très réduit de parcs littoraux. Ceci devra être pris en compte dans le cadre du développement des parcs éoliens en mer. Précisons que le fait que certaines espèces n’aient pas été retrouvées sous les éoliennes françaises ne permet pas de conclure qu’elles seraient moins sensibles que d’autres au risque de collision avec les éoliennes. C’est sans doute, avant tout, parce que leur espace vital et les voies de déplacement qu’elles empruntent sont préservés et parce que les suivis de mortalité dont nous disposons ne concernent qu’un nombre réduit de parcs qu’aucun cas de mortalité directe de ces espèces n’a été répertorié. Citons par exemple les Grues cendrées, le Pygargue à queue blanche ou le Gypaète barbu.

Zone d’exclusion: 3 km

Depuis de nombreuses années, un couple de Faucons pèlerins niche et se reproduit au sommet de la tour de Ronquières. Leur territoire de chasse comprend, entre autres, le plateau de la Gratière et la vallée de la Samme, classée “réserve naturelle domaniale” depuis 1988 (6014-LCN-RND), elle est également classée comme “Site de Grand Intérêt Biologique” (76-SGIB).

Un autre étude allemande menée par le Länderarbeitsgemeinschaft der Vogelschutzwarten LAG VSW (Working Group of German State Bird Conservancies) montre l’importance d’établir une zone d’exclusion de 3 km autour du lieu de nidification de différentes espèces dont le Faucon pèlerin.

En Suisse également la zone d’exclusion recommandée pour différentes espèces précise qu’une distance de 3 km est nécessaire pour protéger le Faucon pèlerin (Piela,A 2010)

Pour les espèces ayant de grands besoins d’espace, les rayons sont de 3 km (Faucon pèlerin, Grand-duc d’Europe et Martinet à ventre blanc) ou de 5 km (Aigle royal et dortoirs hivernaux du Milan royal).

Dispositifs d’effarouchement

Selon l’étude française de la LPO, l’installation de dispositifs d’effarouchement ne permettent pas d’éviter la mortalité directe de bon nombre de rapaces.

“Les rapaces diurnes présentent une forte sensibilité à l’éolien du fait de leur technique de vol, de leur façon de chasser, de leur attention qui tend à se concentrer sur le sol plutôt que sur ce qui se passe devant eux lorsqu’ils sont en vol. A ce jour, aucun suivi n’a permis de démontrer l’efficacité de dispositifs techniques visant à réduire leur mortalité par collision avec les éoliennes. La seule solution efficace, à ce jour, pour éviter la mortalité directe des rapaces par collision avec les éoliennes consiste à éviter de les implanter dans le rayon d’action des sites de reproduction et à préserver leurs espaces vitaux. C’est particulièrement vrai pour des espèces comme le Faucon crécerellette ou le Busard cendré. Pour les espèces impactées lors des mouvements migratoires (Milan royal, Buse variable, etc.) leurs principales voies de déplacement doivent également être identifiées et évitées."

Sources :

  • Recommendations for distances of wind turbines to important areas for birds as well as breeding sites of selected bird species (Ber. Vogelschutz 51: 15–42) Vogelschutzwarten 2015
  • Carte suisse des conflits potentiels entre l’énergie éolienne et les oiseaux: partie oiseaux nicheurs, hôtes de passage et réserves naturelles OROEM Rapport explicatif, mise à jour 2013
  • Conseil Fédéral Suisse: Ordonnance sur les réserves d’oiseaux d’eau et de migrateurs d’importance internationale et nationale Ordonnance 922.32 21-01-1991
  • Le parc éolien français et ses impacts sur l’avifaune LPO septembre 2017