Une pétition contre un projet éolien

Une pétition contre un projet éolien encerclant le plan incliné de Ronquières#

Source: lavenir.net 25 mai 2021

La plateforme citoyenne Éoliennes Ronquières-Feluy a lancé une pétition pour s’opposer à un projet de 7 éoliennes entre le plan incliné et l’ancien canal Charleroi-Bruxelles. Elle dénonce un saccage paysager et écologique.

Avec ses 150 mètres de haut, la tour du plan incliné de Ronquières s’impose comme le point culminant de la vallée de la Samme et constitue un repère visuel familier pour toute la région. Mais un projet éolien pourrait profondément changer ce paysage.

Eoly, la filiale énergie du groupe Colruyt, envisage d’ériger 7 éoliennes le long du canal Charleroi-Bruxelles, autour du plan incliné, sur les sections de Ronquières et Feluy. Et des éoliennes plutôt imposantes: leur hauteur atteindrait 180 mètres, soit 30 de plus que la tour du plan incliné, ce qui rendrait le projet aisément visible depuis les communes voisines de Nivelles, Écaussinnes…

Ces 7 turbines pouvant produire chacune 5 MW à puissance maximale permettraient de cumuler 62 775 MWh par an, soit l’équivalent de 17 936 foyers en consommation annuelle, selon le porteur de projet. Cela permettrait d’éviter l’équivalent de 27 180 tonnes d’émissions de CO2. Le lieu d’implantation a notamment été choisi pour profiter de la voie navigable, infrastructure structurante.

Projet «choquant» pour les riverains. Le projet a été présenté lors d’une réunion d’information préalable le 12 février 2020, soit il y a plus d’un an. Depuis, il s’était fait oublier… jusqu’il y a quelques jours, quand une certaine agitation gagna les réseaux sociaux à son sujet. Une pétition, lancée à la mi-mai, intitulée «Oui à la sauvegarde d’un site exceptionnel» et ciblant le projet, a réuni à ce jour 760 signatures.

Celle-ci est portée par la Plateforme citoyenne Éoliennes Ronquières-Feluy, pas vraiment convaincue par les arguments de Colruyt/Eoly et qui se dit «choquée» par ce projet qu’elle considère comme une menace paysagère et biologique majeure.

«Le site retenu par le promoteur se situe entre le nouveau canal Bruxelles-Charleroi et l’ancien tracé du canal qui, construit au XIXe siècle, est devenu depuis lors une réserve naturelle remarquable par sa qualité ainsi qu’une destination de promenade qui attire de nombreux promeneurs en quête de calme et de paysages, des naturalistes attirés par la richesse du milieu et des familles pour la simple beauté et quiétude du lieu, site d’un Ravel recommandé par la Région wallonne», souligne le collectif.

Des éoliennes qui «écraseront» la réserve naturelle. D’un point de vue paysager, celui-ci considère que le projet constituerait un saccage, soulignant le fait que certaines de ces éoliennes, situées sur le plateau agricole et naturel dit “de la Gratière” à l’est du plan incliné, domineront la tour de Ronquières d’une trentaine de mètres. «Leur hauteur et leur proximité de la réserve naturelle du “vieux canal” écraseront ce site remarquable», s’insurgent les opposants.

Au niveau environnemental, le collectif attire l’attention sur le fait que le site de la Gratière et le vieux canal sont un écrin de biodiversité. Il rappelle que le Cadre éolien wallon stipule que le développement éolien devra éviter les zones abritant des rassemblements d’oiseaux d’eau et que la plupart des espèces citées dans le document ont été observées le long de l’ancien canal.

«100 135 observations ont été relevées dans une zone de 3 km autour du parc éolien en projet sur une période de 10 ans, entre 2010 et 2020. Sur ce nombre total d’observations, 99 721 observations concernent des oiseaux protégés de 205 espèces différentes.»

De quoi mettre du plomb dans les pales du projet? Celui-ci est en tout cas retardé: la demande de permis aurait dû être introduite en février dernier et la construction intervenir à la fin de l’année 2022.

Du côté de la commune de Braine-le-Comte, on ne comprend pas tout à fait l’agitation soudaine autour de ce projet, présenté il y a plus d’un an, et qui n’avait plus vraiment fait de vagues, jusqu’à la mobilisation observée ces derniers jours.

«Aucune information n’est remontée chez nous depuis la réunion d’information préalable au public», nous dit Léandre Huart, 1er échevin du Développement durable et rural, qui se demande si le projet n’est pas tombé à l’eau.

Pas encore de demande de permis, mais pas d’abandon non plus. Du côté d’Eoly, on nous assure que non. «Pour le moment, le dossier est toujours à l’étude, des points doivent encore être éclaircis, tout doit être clean pour la demande de permis», indique Stefaan Verhamme, en charge de l’extension du groupe Colruyt. Qui espère que la demande de permis pourra être introduite après les grandes vacances, en automne de cette année 2021.